« Tout est allé si vite. J’aurais volontiers vu Pierre Perin de VC Greenyard Maaseik remporter ce prix. Mais je suis très heureux de recevoir à nouveau cette reconnaissance du public volley belge. C’est un vrai coup de boost pour ma motivation à continuer. Aussi dans mon nouveau club italien, Allianz Milan. Même si je garderai toujours Knack Roeselare et Decospan Menen dans mon cœur. »
Les racines de la famille Dermaux se situent à Izegem, une ville de la région de la Mandel, à 15 km au nord de Courtrai. Quelques recherches montrent qu’à Izegem, de nombreux noms connus ont émergé dans différents secteurs de la société. Citons notamment : la judoka Ulla Werbrouck, l’athlète Veerle Dejaeghere, les cyclistes feu Patrick Sercu, Johan Bruyneel, Niko Eeckhout, Yves Lampaert et Justine Ghekiere, le politicien Geert Bourgeois, le journaliste sportif feu Peter Baert, le présentateur TV feu Guido Depraetere et… le musicien Flip Kowlier de ’t Hof van Commerce et leader d’Ertebrekers.
Basil Dermaux : « J’ai encore des attaches (mes grands-parents) à Izegem. J’y suis né. Mais j’ai presque toujours vécu à Roeselare. J’y ai fait mes études secondaires (latin-grec, puis six heures de mathématiques) et j’ai pratiqué intensivement le sport : natation, tennis, football et bien sûr volley, à la recherche de la discipline qui me conviendrait le mieux. J’ai une sœur, Charlotte, qui a aussi joué au volley pendant un temps. Si je ne suis pas allé à l’École des sports à Vilvorde, c’est parce qu’il existait à Roeselare un parcours de formation et de détection des talents équivalent. Rester dans mon environnement, près de mes parents, sans internat. J’ai été recruté très jeune pour deux saisons par Decospan Menen (2022-2024, deux finales de Coupe). En 2023, j’ai malheureusement passé des mois à l’arrêt après une opération suite à une rupture du ligament croisé du genou gauche. Il y a deux ans, je suis revenu à Knack, poussé par mon ambition de faire partie du top belge. »
Passons à l’actualité : ton cher Decospan Menen a enfin remporté la Coupe de Belgique.
« Oui, enfin, quelle performance. Mon cœur battait à tout rompre. J’aurais bien voulu que Maaseik gagne (rires), mais quand même un peu plus Menen. Je pense que Menen (quatre finales en quatre ans) avait plus d’expérience dans ce type de contexte. Maaseik (dernier succès en 2012) n’avait pas cette sensation de salle dans son équipe. »
Oui, l’équipe de Pawel Woicki a démarré difficilement, freinée par ses propres erreurs et une série de fautes au service. Menée 2-0, Maaseik est pourtant revenue courageusement à 2-2. Avant de s’effondrer rapidement dans le tie-break, faute de concentration. Le « maestro » Jelle Sinnesael (40 ans) a martelé les lignes maaseikoises, l’écart s’est creusé. L’Espagnol Alvaro Gimeno (MVP) a scellé la victoire à 15-10 pour une Coupe historique : 3-2. Quelle explosion de joie.
Explosion de joie… tu connais aussi. La saison passée, tu as tout gagné avec Knack : BeNe Cup, BeNe Conference, la Coupe contre Menen, le titre contre VHL Haasrode Leuven. Un exploit difficile à reproduire. En Ligue des champions – deuxième place derrière Lublin dans le groupe (3 victoires, 3 défaites, avec 39 points pour toi contre Halkbank Ankara) – atteindre les barrages était déjà positif. Mais vous n’avez pas franchi ce cap. D’où ta déception après la double défaite contre le redoutable Resovia Rzeszów. Pas de quart de finale.
« Oui, j’espérais plus. Surtout en Ligue des champions, après cette double déception en demi-finales de Coupe contre Maaseik. On n’était pas assez vigilants, pas à notre niveau. Un peu trop laxistes. On n’a pas trouvé notre jeu. Le stress et les incertitudes nous ont coûté la qualification. On a quand même remporté à nouveau la BeNe Cup et la BeNe Conference, très bien organisées toutes les deux. Mais pour un club comme Knack Roeselare, ce doublé ne suffit pas. C’est pour ça qu’il est essentiel de décrocher ce dix-septième titre, pour être à égalité avec nos dix-sept Coupes de Belgique. »
Comment vois-tu l’évolution des quarts de finale (à partir du 15 avril) et des demi-finales des Champion Play-offs ?
« Le quart de finale entre VHL Haasrode Leuven et Tectum Achel me semble ouvert. VHL devra se méfier, Achel est capable de rivaliser. Dans l’autre duel, Menen, porté par sa victoire en Coupe, devrait dominer Lindemans Aalst. Si c’est le cas, je suis curieux de voir Menen, en pleine confiance, en demi-finale contre… Greenyard Maaseik, en quête de revanche. Franchement, nous avons les meilleures cartes pour atteindre la finale. Quant à l’adversaire, Menen ou Maaseik, c’est impossible à dire. Menen champion, je ne sais pas… »
Après le championnat, place au programme estival avec les Red Dragons. Ton nom figure sur la liste élargie.
« Oui, c’est l’objectif. Il faut prendre des points pour les rankings FIVB et CEV. En VNL (10 juin-19 juillet) au Brésil (Brasilia), en Pologne (Gliwice) et au Japon (Kansai). Et à l’Euro (9-26 septembre) contre la Finlande, les Pays-Bas, l’Estonie, la Serbie et le Danemark. La communication sur le programme doit encore se préciser. À long terme, je vise les Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles. Un rêve à poursuivre. »
Knack prépare déjà la saison prochaine ?
« Oui, et c’est un défi. Je pars, Mathijs Desmet doit malheureusement arrêter, Pieter Coolman prend sa retraite. D’autres discussions sont en cours. Cinq renforts sont déjà connus : l’Italien Tommaso Stefani, le Néerlandais Jochem Bloem et les Belges Martijn Colson, Gilles Vandecaveye et le jeune passeur André Stoliar. Un groupe prometteur pour la suite. »
Après l’Euro, tu rejoindras Allianz Milan.
« Je vais travailler dur pour réussir. Je suis un autre type de joueur que Ferre Reggers. Lui est plus technique, moi plus puissant. En Italie, le sport est une religion. Et puis il y a la culture, la gastronomie, la nature, le soleil… La Dolce Vita. J’aurais pu aller en Pologne, mais je choisis l’Italie. Je pense même suivre des cours d’italien. Et je poursuis mes études à distance. À Milan, je retrouverai aussi Seppe Rotty. »
Enfin, un événement ludique est annoncé avant les demi-finales : le 16 avril, une « Battle of the Coaches » entre les équipes de Claudio Gewehr et Matthijs Verhanneman.
Dermaux sourit : « Je ne sais pas encore dans quelle équipe je jouerai. C’est du team building. Après une période très chargée, on a eu une pause d’une douzaine de jours. Utile pour récupérer, mais risqué pour le rythme. Il faudra directement retrouver un haut niveau en demi-finale. Comme des diables sortis de leur boîte. »
Champion Play-offs
Quarts de finale
Formule ‘best of 3’ : 15 avril, 19 avril, éventuelle belle les 19 et 20 avril
VHL Haasrode Leuven – Tectum Achel
Decospan Menen – Lindemans Aalst
Demi-finales
Formule ‘best of 3’ : 22 avril, 24 avril, éventuelle belle le 26 avril
Knack Roeselare – vainqueur VHL Haasrode Leuven / Tectum Achel
Greenyard Maaseik – vainqueur Decospan Menen / Lindemans Aalst
Finales
Formule ‘best of 5’
1 mai, 5 mai, 8 mai, éventuels 12 et 15 mai
TEXTE: Leo Peeters
FOTO: Lotto Volley League